
Vos projets · Sans apport
Crédit senior sans fonds propres : peut-on emprunter sans apport ?
Ne pas disposer d’économies ne rend pas forcément un achat immobilier impossible après 55, 60 ou 70 ans. En revanche, le dossier doit être structuré avec beaucoup plus de soin. Selon la situation, deux pistes principales existent : financer une quotité très élevée auprès d’un organisme qui l’accepte, ou apporter une garantie immobilière complémentaire.
Réponse courte
Oui, un crédit hypothécaire senior sans fonds propres peut être envisageable, mais ce n’est pas la situation la plus simple. Sans garantie supplémentaire, certains organismes peuvent financer une quotité élevée — Creafin indique par exemple que sa solution Prime peut, dans certaines situations, aller jusqu’à 105 % de la valeur du bien. Cela ne couvre pas toujours l’ensemble des frais d’achat. L’autre possibilité consiste à donner en garantie un bien immobilier déjà détenu, ou le bien d’un proche qui accepte cette opération : dans ce cas, le financement peut parfois couvrir le prix d’achat, les frais de notaire et même certains travaux.
Pourquoi l’absence de fonds propres complique-t-elle davantage un dossier senior ?
Une banque ne regarde jamais uniquement votre âge. Elle analyse l’ensemble du dossier : revenus, charges, reste à vivre, valeur du bien, stabilité financière, patrimoine existant et montant que vous souhaitez financer. Mais lorsqu’un emprunteur arrive à 60 ou 70 ans sans épargne disponible, le prêteur peut naturellement se demander quelle marge de sécurité il lui reste pour faire face à un imprévu.
Pour un emprunteur plus jeune, l’absence d’épargne peut déjà compliquer un dossier. Pour un senior, elle attire souvent encore davantage l’attention car la durée disponible pour reconstituer une réserve financière est plus courte. Cela ne signifie pas que le crédit est impossible : cela signifie simplement qu’il faut compenser cette faiblesse par d’autres éléments solides, par exemple un patrimoine immobilier, une excellente capacité de remboursement ou une garantie complémentaire.
Il faut aussi distinguer le prix d’achat des frais d’acquisition. Les droits d’enregistrement, honoraires et frais liés à l’acte représentent une somme importante. Un crédit à 100 % du prix du bien ne veut donc pas dire que vous achetez sans aucun euro de fonds propres.
Première solution : financer jusqu’à 105 % avec Creafin
Creafin fait partie des prêteurs qui peuvent accepter des dossiers avec une quotité supérieure à 100 %. Pour sa formule Prime, destinée notamment à l’acquisition du premier logement, Creafin indique qu’il est possible, dans certaines situations et sous conditions, de financer jusqu’à 105 % de la valeur de vente libre du bien.
C’est une vraie possibilité pour un emprunteur disposant de peu de fonds propres, mais il faut bien comprendre ce que signifie ce chiffre. Un financement à 105 % ne veut pas nécessairement dire que tous les frais de notaire sont couverts. Le montant dépend notamment de la valeur retenue par l’expertise, du prix d’achat et des coûts réels de l’opération.
Dans beaucoup de situations, il faudra donc encore apporter une partie des frais. En revanche, l’effort personnel peut être nettement plus faible que dans un dossier où le prêteur limite le financement à 80 ou 90 %.
Moins de fonds propres = généralement un taux moins avantageux
Plus la quotité augmente, plus le risque pris par le prêteur augmente. Toutes choses égales par ailleurs, un financement à très forte quotité est donc généralement proposé à un taux moins favorable qu’un crédit avec un apport important. Si vous avez la possibilité d’amener des fonds propres, cela reste préférable.
Deuxième solution : utiliser un bien que vous possédez déjà comme garantie
Le fait de ne pas disposer de liquidités ne signifie pas forcément que vous n’avez pas de patrimoine. Un senior peut, par exemple, être propriétaire d’une maison ou d’un appartement qui a déjà été largement remboursé.
Dans cette situation, l’organisme peut accepter de prendre une inscription hypothécaire sur ce bien existant, en premier ou en deuxième rang selon les inscriptions déjà présentes et selon ses critères. Le prêteur ne regarde alors plus uniquement la valeur du nouveau bien acheté : il dispose d’une garantie immobilière complémentaire.
Lorsque la valeur totale des biens donnés en garantie est suffisante, cela peut permettre de financer le prix d’achat, une partie ou la totalité des frais de notaire et, dans certains dossiers, des travaux. On ne parle plus simplement d’un crédit à 100 ou 105 % sur le nouveau logement : on raisonne sur la valeur globale des garanties apportées au prêteur.
Cette stratégie peut être particulièrement utile pour une personne qui possède déjà un patrimoine immobilier mais qui ne souhaite pas — ou ne peut pas — mobiliser une importante somme d’argent au moment de l’achat.
Peut-on mettre la maison d’un proche en garantie ?
Oui. Une autre possibilité consiste à apporter comme garantie le bien immobilier d’un proche : un parent, un frère ou une sœur, voire un enfant déjà propriétaire. Le propriétaire du bien doit évidemment être pleinement d’accord avec le montage et l’inscription hypothécaire est réalisée par acte notarié.
Le proche n’est pas nécessairement obligé de devenir co-emprunteur. Selon la structure retenue, il peut intervenir en tant que tiers donnant son bien en garantie. La banque bénéficie alors d’une hypothèque supplémentaire sur ce bien.
Cette solution doit être prise très au sérieux : si l’emprunteur ne rembourse plus son crédit et qu’aucune autre solution n’est trouvée, le bien donné en garantie peut être exposé. Le proche doit donc comprendre précisément son engagement avant de signer.
En contrepartie, lorsque le bien du proche est totalement ou largement payé et présente une valeur suffisante, cette garantie peut transformer complètement un dossier qui semblait impossible faute d’apport.
Cas client : Jasmine devient propriétaire sans débourser de fonds propres
Un projet qu’elle pensait devenu impossible
Jasmine m’a contacté alors qu’elle avait trouvé une petite maison qui lui plaisait énormément dans sa région. La vie avait fait qu’elle ne disposait plus de fonds propres au moment de l’achat. Elle était très stressée par cette situation et pensait qu’elle n’arriverait peut-être plus à devenir propriétaire.
Après notre premier rendez-vous, nous avons décidé de travailler ensemble et de chercher une structure qui ne repose pas sur une épargne qu’elle n’avait tout simplement pas.
La solution est venue de son frère, avec qui elle entretient une excellente relation. Il était propriétaire de sa propre maison, qui était entièrement payée, et il a accepté que celle-ci serve de garantie complémentaire pour le financement de Jasmine.
Nous avons donc fait expertiser la maison achetée par Jasmine et celle de son frère. La valeur totale des deux garanties était suffisante pour permettre au prêteur d’aller beaucoup plus loin que ce qu’aurait permis la seule maison achetée.
Le prix d’acquisition de la maison a été financé.
Une enveloppe destinée aux rénovations a été intégrée au financement.
Les frais de notaire ont également pu être inclus.
Rapporté au seul prix d’achat de la maison de Jasmine, le financement global représentait environ 125 %. Cela ne veut pas dire que la banque a financé 125 % sur la seule valeur du nouveau bien : le montage était possible précisément parce qu’elle disposait d’une deuxième garantie immobilière grâce à la maison de son frère.
Au final, Jasmine a pu acheter sa maison, financer les travaux et régler les frais liés à l’opération sans devoir débourser de fonds propres au moment de l’achat.
La garantie sur la maison de son frère n’a pas vocation à rester éternellement. Lorsque Jasmine aura remboursé suffisamment de capital ou lorsque sa propre maison aura pris assez de valeur, il sera possible de demander au prêteur une mainlevée de la garantie complémentaire. Celle-ci n’est jamais automatique : la banque réanalyse alors la valeur du bien restant en garantie et le capital encore dû.
Sans apport ne veut pas dire sans sécurité
L’objectif n’est pas de financer le maximum à tout prix. Il faut construire un dossier où la mensualité reste supportable et où les garanties apportées correspondent réellement au montant emprunté.
Demander mon analyse gratuiteComment peut-on financer 120 ou 125 % sans que la banque prenne un risque démesuré ?
Les pourcentages peuvent sembler surprenants si on les compare uniquement au prix d’achat. En réalité, lorsqu’un deuxième bien est donné en garantie, le prêteur raisonne sur la valeur totale des immeubles hypothéqués.
Imaginons qu’un achat nécessite 250 000 €, auxquels s’ajoutent les frais et une enveloppe travaux. Si le seul bien acheté vaut environ 250 000 €, financer l’ensemble exclusivement sur ce bien donnerait une quotité très élevée. Mais si un second immeuble payé, valant par exemple 200 000 €, vient également garantir le crédit, le rapport entre la dette et la valeur totale des garanties devient beaucoup plus raisonnable.
C’est pour cette raison qu’il faut éviter de confondre le pourcentage du financement par rapport au prix d’achat et la quotité réelle calculée sur toutes les garanties immobilières.
Quelles conditions restent indispensables même avec une bonne garantie ?
Une maison supplémentaire en garantie ne remplace jamais la capacité de remboursement. Le prêteur doit toujours vérifier que la mensualité reste soutenable.
- Des revenus suffisants : pension, salaire, revenus locatifs ou autres revenus acceptés par l’organisme.
- Un reste à vivre correct : le ménage doit conserver suffisamment chaque mois après les mensualités.
- Un taux d’endettement acceptable : la garantie ne permet pas d’ignorer les charges du ménage.
- Des biens correctement valorisés : une expertise peut être demandée pour confirmer les valeurs retenues.
- Un projet cohérent : prix d’achat, travaux et frais doivent être justifiés.
- L’accord clair du tiers garant : lorsqu’un proche apporte son immeuble, son engagement doit être compris et formalisé chez le notaire.
Quels documents préparer pour un crédit sans fonds propres ?
Le dossier doit permettre d’analyser votre capacité financière et toutes les garanties immobilières utilisées dans le montage.
- Vos revenus : pension, salaire, revenus locatifs et autres revenus pris en compte.
- Vos charges : crédits en cours, ouvertures de crédit, pensions alimentaires et autres engagements.
- Votre identité : carte d’identité et composition de ménage.
- Le bien acheté : compromis, PEB, expertise ou estimation et documents liés au projet.
- Le bien donné en garantie : titre de propriété, situation hypothécaire, éventuel solde du crédit existant et expertise.
- Les travaux : devis ou estimation lorsque leur financement doit être inclus dans le crédit.
Quand vaut-il mieux ne pas acheter sans apport ?
Le fait qu’un financement soit techniquement possible ne signifie pas qu’il soit toujours souhaitable. Financer une très grande partie du projet augmente généralement la mensualité, le coût total et la sensibilité du dossier à une baisse de valeur du bien.
Si l’achat vous laisse sans aucune marge mensuelle, si les travaux sont sous-estimés ou si le proche qui apporte sa garantie n’est pas totalement à l’aise avec son engagement, mieux vaut revoir le projet.
À l’inverse, un crédit sans fonds propres peut avoir du sens lorsque le manque de liquidités est compensé par un patrimoine solide, une capacité de remboursement suffisante et un montage hypothécaire qui reste prudent.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un crédit hypothécaire senior sans fonds propres ?
Oui, selon le dossier. Une forte quotité peut parfois être acceptée par certains organismes, ou une garantie immobilière complémentaire peut permettre de financer le projet sans mobiliser d’épargne.
Peut-on emprunter 105 % en Belgique ?
Oui dans certaines situations. Creafin indique notamment que sa formule Prime peut permettre de financer jusqu’à 105 % de la valeur de vente libre du bien sous conditions. Cela ne signifie pas automatiquement que tous les frais sont couverts.
En savoir plusPeut-on financer tous les frais de notaire ?
C’est parfois possible lorsqu’une garantie immobilière complémentaire apporte suffisamment de valeur au montage. Sans garantie supplémentaire, une partie des frais reste souvent à charge de l’emprunteur.
En savoir plusPuis-je donner une autre maison que celle achetée en garantie ?
Oui. Un bien que vous possédez déjà peut servir de garantie complémentaire, avec une inscription hypothécaire de premier ou de deuxième rang selon sa situation.
En savoir plusLa maison de mes parents ou de mon frère peut-elle servir de garantie ?
Oui si le propriétaire accepte l’opération et si le prêteur valide le montage. Le bien peut être hypothéqué sans que son propriétaire devienne nécessairement co-emprunteur, mais il prend un risque réel si le crédit n’est plus remboursé.
En savoir plusQuand peut-on enlever la garantie du proche ?
Une mainlevée peut être demandée lorsque le capital restant dû et la valeur du bien principal permettent au prêteur de conserver une garantie suffisante. La décision appartient au prêteur et peut nécessiter une nouvelle expertise.
Un crédit sans apport coûte-t-il plus cher ?
Généralement, une quotité plus élevée entraîne des conditions de taux moins favorables qu’un dossier avec un apport important. La tarification dépend toutefois de l’organisme et du profil complet.

Pas de fonds propres ? Faisons le point sur vos garanties
Parlons-en dès aujourd'hui. L'analyse de votre dossier est gratuite et sans engagement.
Demander mon analyse gratuite